Volonté contre volonté : une troisième voie est possible

Je suis en train de lire « A chaque jour ses prodiges » de Jon et Myla Kabat-Zinn sur être parent en pleine conscience.

Dès les premières pages, les auteurs suggèrent de ne pas prendre comme une menace  ou un manque de respect de notre autorité les nombreux instants de nos vies où les enfants s’opposent à nous. Mais d’aller voir au delà des apparences en se mettant « à la place de l’enfant », en faisant preuve d’empathie. Et d’observer la situation pour prendre conscience de ce qui est en train de se passer. L’idée est que de laisser s’installer ces moments d’affrontements d’une « volonté contre une autre volonté » amène souvent une escalade verbale et se termine  par de la violence  verbale ou physique, de la colère, de la frustration, des larmes, de l’autoritarisme et une perte de confiance mutuelle. Alors qu’une troisième voie est possible si on mobilise notre créativité…a-chaque-jour-ses-prodiges-couverture

Illustration. 

Ce matin, comme de nombreux matins depuis la rentrée, en sortant de la crèche où nous déposons le plus petit de la fratrie, mon fils de 4 ans veut prendre le chemin de gauche pour aller à l’école et moi celui de droite. Il est très insistant et je m’oppose à lui tous les jours pour le forcer à venir à droite en lui disant que dans mon chemin, il n’ y a pas de voitures ni de travaux. Le chemin de gauche me semble plus long et est semé d’embûches et  celui de droite a une partie piétonne et est plus court.

Ce matin, il invoque son père pour prendre son  chemin, ce qui m’exaspère encore plus que d’habitude :  « Papa a dit qu’il fallait aller à gauche ». Cependant  aujourd’hui, je décide de changer d’attitude.J’accepte sa proposition même si j’ai très peur que cela soit le signe que je me laisse marcher dessus, que mon enfant décide de tout et que je n’arrive pas à me faire respecter. Rien que ça !

« Pour faire preuve d’empathie alors qu’on est repoussé, il faut que la contrariété que nous ressentons ne nous empêche pas de voir la souffrance de nos enfants », Myla et Jon Kabat-Zinn dans « A chaque jour ses prodiges ». 

Tout content, il enfourche sa trottinette et nous partons tous les deux. Quelques mètres plus loin, nous rencontrons la maman d’Emma qui revient de l’école. Et là, j’ai une révélation ! Et si Alexandre ne cherchait pas à être dans un rapport de force, mais qu’il voulait simplement avoir une chance de croiser sa grande amie Emma dont il a accroché la photo à la tête de son lit pour la voir chaque soir avant de s’endormir ? Je lui demande : « Tu veux passer par là pour voir Emma ?  » Et il me répond sur le ton de l’évidence par l’affirmative.

trottinette

Nous continuons notre chemin, quand arrive la partie délicate  du trajet : les pavés, le sable, et les barrières de chantier. Alexandre qui peine à passer entre les obstacles dit à haute voix, autant pour lui-même que pour moi : «  C’est vrai que ce n’est pas facile avec les travaux« . Puis après un temps de réflexion, ajoute « mais je préfère quand même  passer par là« .

J’en avais les larmes aux yeux. J’avais fait un pas vers lui, Alexandre en faisait un vers moi, en reconnaissant mes arguments et affirmait sereinement que l’espoir de voir son amie sur le chemin de l’école était supérieur aux désagréments que le parcours pouvait engendrer. 

Voilà comment la pleine conscience, m’a, ce matin, permis de sortir du conflit et de me reconnecter avec mon fils. Son attitude a du sens et il reconnait le sens de la mienne.

Alors à votre avis, quel chemin choisirons-nous demain ?

 

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